LE STADE - LE PUBLIC

Bal de match se joue sur un stade. Qu’incarne ce lieu ? Qu’impose-t-il ? Qu’est-ce qui s’y joue de réel et d’imaginaire ? Quel rôle tient le public ?

 

Bal de match est une création qui prend racine dans le stade, qui épouse la diversité de ses espaces, leur puissance de conditionnement comme leur intimité. 

Le stade est un personnage, il respire, il vit, il oriente, il empêche, il encourage. 

Ancrés dans les codes et le rythme du match, Bal de match prend la forme d’un parcours. 

C’est une traversée émotionnelle et collective. 

Chronologiquement, les vestiaires, puis différents espaces tracés sur le terrain, sont autant d’étapes qui tissent une relation spécifique au spectateur vers une montée dramaturgique. Au fil de la performance, l’état du joueur se transforme et le rôle du spectateur évolue. 

 

Dans les vestiaires, espaces clos et exigus, les spectateurs et quelques joueurs sont plongés dans l’intimité de la relation et immergés dans un moment de tension et de mise en condition. 

 

L’entrée sur le stade modifie la nature de la relation entre joueurs et spectateurs. Les rapports des joueurs entre eux se font charnels alors qu’ils se travestissent. En route vers le terrain, les spectateurs encouragent les joueurs.

 

Alors, le terrain devient l’espace du bal. L’utilisation habituelle d’un terrain rectangulaire et de ses gradins est remodelée. Le stade dans sa grandeur et sa puissance entre en tension avec la fragilité du moment et des êtres. Le public ne s’installe pas sur les gradins mais à proximité des danseurs, avec eux, jusqu’à, peut-être, intégrer le bal. 

 

En effet, en fonction de la démarche du lieu d’accueil, une troisième mi-temps est envisageable. Les spectateurs sont alors invités à engager leur corps en participant à un atelier de danse à partir du langage chorégraphique mélangeant danse et rugby. Bal de match se termine alors avec l’ouverture d’un bal réunissant performeurs et spectateurs.