LES GESTES

Une des règles spécifiques du rugby est que l’opposition a lieu non pas sur le ballon, mais dans un 

affrontement physique avec le corps de l’adversaire. Ce corps-à-corps engendre une tension qui n’est pas sans renvoyer à la possibilité d’un duo de danse. La pratique de la danse contact-improvisation crée le lien d’engagement des corps qui permet de nouer tango et rugby. 

 

Partir d’un geste de rugby (poussée en mêlée, passe croisée, cadrage-débordement…) et le retravailler en insistant non sur son efficacité mais sur la qualité des sensations: notamment sur la nature de la sensation du contact-ballon et du contact-adversaire. En quoi cette attention portée à la qualité du contact 

transforme-t-elle le geste ? En quoi transforme-t-elle jusqu’à l’intention du geste ? Quel nouveau mouvement original crée-t-elle ? 

Réciproquement, partir d’un duo de tango et retravailler les pas en modifiant l’intention: gagner sur l’autre plutôt que le guider ou le « suivre », résister à sa progression, le franchir ou l’affronter plutôt que le contourner, etc. En quoi cette intention différente transforme-t-elle le geste ? Et quelles sont les articulations possibles entre ces nouveaux gestes, ces nouveaux mouvements ainsi créés ? 

 

Plus généralement, quelle tension se joue entre l’énergie circulaire du bal et l’énergie du match qui va vers l’avant ?

 

La danse qui en émerge évoque l’esthétique et les émotions du tango argentin, son ambiance, sa couleur (tension, verticalité, sensualité, torsions, contrepoids…) et utilise les principes et l’énergie du rugby (adversité, force collective, poussée...).

 

Cette danse mélange deux manières d’être au monde pour faire naître une perturbation et laisser émerger la complexité de la relation. Au cœur de Bal de match, le corps-à-corps et les positionnements des joueurs qui forment des « groupes » contribuent à distraire les enjeux d’un match classique.